Certains pour vivre d’aventure partent au Népal ou chez les Inuits ou à l’île de Pâques … Pas besoin … vous partez de Normandie, vous allez à Paris et vous rentrez avec la matière pour écrire …un roman ! Et encore…je ne vous dis pas tout !
Figurez-vous que j’avais gagné un bon d’achat de 110 € dans un magasin qui prétend nous faire croire que nous ne sommes pas en automne. J’aurais dû me méfier, déjà…
Sauf que j’avais moi-même travaillé dans cet établissement il y a un peu plus de vingt ans. Aussi je me réjouissais d’aller dépenser mes 100€ dans un lieu connu où je savais les vendeuses aux petits soins pour leurs clientes, la qualité incontestable et l’environnement raffiné. Bref, je vivais ce moment comme un pèlerinage en fête …

Ces grands magasins parisiens qui nous font rêver …
Dès la première porte passée à 10 heures précises, je constatais en effet que le cadre était toujours aussi réjouissant. Et encore je ne parle pas des bleus de la sublime coupole ! Magnifique.
Mon besoin était de m’acheter une jupe classique-et-correcte ou des bottes. Sachant qu’on ne rend pas la monnaie sur les chèques cadeau, je caressais en douce le désir de me faire … un petit plaisir avec la différence.
La chance me guettait : en haut du premier escalator, je tombais sur des bottes superbes. D’un beau cuir bien souple, elles trônaient sur un présentoir satiné …la fête ! « Sûr que des chaussures de cette qualité me dureraient toute ma vie ». Soulevant la noire, je vois le prix : 610 €.
- Bon et bien je rajouterai les 10€ …
Immédiatement, je réalise que non ce ne sont pas 610 FF mais 610 … euros, soit aux alentours de … 4000 FF ! Madre Dios ! 4000 FF pour des bottes ! Plus que ma retraite mensuelle … Non, mais j’ai du me tromper. Retournons. Recomptons. Reconcluons … il s’agit bien de 610 €. Pas de doute : 610X7 = un peu plus de 4000FF. Courage fuyons.

Bottes … à moins de 610 € sur
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Alors, je lève la tête et observe en effet, que les dames qui circulent ont vraiment l’air d’être … des dames ! … pas des pauv’pèquenaudes !
Pressentant le pire, je sollicite une vendeuse
- Auriez-vous la gentillesse de me dire où je pourrais trouver une jupe noire basique. Classique ? Et dans un budget possible … ».
Sourire complice.
- Mais oui madame. Au 6°j’en viens, il y en a de superbes. Congratulations.
Me voici montant vers le 6°,
c’est-à-dire commençant ma…descente aux enfers !
De fait, des jupes à des prix abordables pour aujourd’hui s’offrent à ma convoitise. Trois retiennent mon attention quand une autre m’attire. Je m’approche pour en voir le tissu quand une voix forte, presque virile, me crie
- Touchez pas. Faut pas toucher.
- Ah, excusez moi. Pourriez-vous m’indiquer la cabine d’essayage ?
- Voyez bien que c’est là, précise un soupir venu doublé du regard de mes prof’ de maths … Ceux qui me considéraient comme un cas désespéré de bêtise avancé …
Là, c’est derrière deux gros cartons presque aussi hauts que moi et un vendeuse plus grande que moi.
- Attendez faut qu’je ferme
Bon, on va pas pinailler un jour de fête. Attendons.

Pourquoi le commerce japonais
est-il plus florissant que le commerce français ?
Tandis que j’enfile les jupes à tour de rôle, un dialogue surréaliste en provenance des deux-gros-cartons-qui-gênaient le passage me parvient aux oreilles :
- Et en plus faut qu’ça arrive aujourd’hui.
- Tu parles. Savent pas quoi faire pour nous embêter.
- On n’en sortira jamais.
Etc. etc (en fait, il s’agissait de vérifier une livraison).
Deux autres personnes se joignent au duo des pleureuses !
- Si veulent pas nous entendre, n’ont qu’à attendre, on va leur faire comprendre …
Un peu tristounette, je sors de la cabine, m’excuse de déranger et vers une caisse où 4 vendeuses bavardent entre elles.
- Ah non, nous on est pas de Christine Laure. Adressez vous aux deux vendeuses là bas.
En clair celles qui vivaient un drame existentiel, venaient de me voir sortir avec la jupe que j’allais prendre après avoir remis les autres sur leur cintre.
La caisse est occupée par une jeune femme qui achète un petit tour de cou (renard blanc ?) d’un montant supérieur à 150 € il faut donc attendre l’accord pour le chèque.
Attendons.
Vient mon tour … ma jupe ne coûte « que » 79 € (une fortune à mes yeux !)
Et là … le summum.
Je tente
- Vous savez je suis contente, j’ai un chèque cadeau
- J’le prends pas.
- ??? Vous croyez ? Pourtant c’est écrit dessus ?
- Oui, mais on rend pas la monnaie.
- Je sais. C’est pourquoi j’ai un autre article à prendre à la parfumerie.
- Ben vous z’avez qu’à y aller et revenir ici après.
- ??? Mais c’est au rez de chaussée de l’autre magasin et nous sommes au 6ème. Cela ne m’arrange pas trop … - En tous cas moi j’ sais pas comment faire et j’ le prends pas.
- Pourriez peut être appeler quelqu’un.
En effet, je me souviens qu’ en mes temps prospères, lorsque j’effectuais des achats de printemps, on me remettait un carnet d’achat et je payais tout à la fin avec ma carte … de printemps.
Silence. Attente.
Au bout d’un temps égal à celui du canon qui refroidit, c’est-à-dire … certain, la vendeuse décroche son téléphone.
- J’ai ici une personne qui veut payer avec un chèque cadeau. Elle veut pas descendre. Elle veut… Ah bon.
En fait on venait exactement de lui dire qu’il suffisait d’ouvrir un carnet d’achats, faire descendre les dits achats au sous sol et je récupérerai l’ensemble.
Bien.Redescendons à la parfumerie :
J’ai oublié mon rouge à lèvres je vais m’en offrir un de marque. Direct je fonce sur celui que j’avais remarqué en arrivant.
1ère caisse …
- Adressez vous à l’autre caisse. Nous on n’est pas Mavala.
- Certes, mais la personne a l’air occupé.
- Ben vous attendez.
Bien. Attendons.
Une fois de plus.
Arrive une ruminante aux mamelles prometteuses et au nombril gracieux…
Cette jeune fille étant très occupée par une autre opération m’encaisse vite fait et garde le paquet qu’elle va faire descendre, etc, etc…
Restent 10€. « On rend pas la monnaie » …J’ai déjà tourné pendant presque 45 minutes dans le monde et la chaleur, pour une jupe +un rouge à lèvres. Allons au plus court.
Un soin pour les cheveux ? Très bien. Cela me convient.
Et en plus, un ange apparaît …une jeune fille adorable, aimable, souriante … tout pour plaire. D’ailleurs elle plaît tellement que son portable sonne 6 fois en moins de dix minutes, c’est dire son succès !
Elle est au courant de tout … Normal puisqu’elle est aux parfums !
- Eh bien madame, puisque vous avez terminé, vous allez pouvoir récupérer vos paquets au sous sol dans un quart d’heure environ.
Et on repart …
Retraversée du magasin … rejeu de piste et pendant ce temps là l’horloge du temps suit son cours ! J’ai un Rv à midi Gare du Nord …
Débute alors …l’enfer dans l’enfer …
Je suis obligée d’abréger mais sachez que j’ai attendu … 55 minutes pour récupérer mes achats ! Oui, 55 minutes, presque une heure après moultes appels aux 3 rayons avant qu’enfin je puisse sortir en retraversant le magasin avec mon précieux cadeau : une jupe+un rouge à lèvres + un soin pour les cheveux. Pour 100 €, 115 minutes et 8 fois entendu « attendez » !
Festif mon esprit en arrivant … Furieux en partant … Et aussi compatissant car tout de même, faut-il afficher son compte en banque pour être considérée dans un grand magasin parisien ?
Vous savez quoi … je me sentais l’esprit d’un petit jeune de banlieue à qui l’on jette en pâture tout ce qu’il ne pourra jamais s’acheter et qu’on ne respecte même pas quand son parrain lui ayant offert 100 € il s’autorise à entrer dans un grand magasin … Pour y rêver …

Festif ? Fautif … A qui la faute ?




Article Rédigé par Michelle LEMAIRE
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